Agriculture et apiculture, un besoin mutuel

De belles initiatives voient le jour sur le territoire entre agriculteurs et apiculteurs mettant en avant un système gagnant – gagnant et répondant ainsi aux enjeux en termes de qualité de l’eau et de biodiversité.

Le 8 septembre dernier, Nov’Agri organisait dans le cadre du contrat territorial de bassin versant du Blavet morbihannais un après-midi technique sur « Agriculture et apiculture : un besoin mutuel ». Il avait pour objectifs de présenter :
• le retour d’expériences de la coopération agriculteur/apiculteur : présentation de la démarche HVE - Haute Valeur Environnementale, développée par le groupe d’Aucy ;
• les résultats de l’étude SURVapi :
- acquisition de connaissances sur les liens entre abeilles, paysage agricole et pratiques culturales ;
- mesure de niveau d’exposition des abeilles aux produits phytosanitaires.

Ce RDV technique a permis de rappeler que le colza constitue la première miellée de l’année et est donc essentiel au bon déroulé de la saison apicole. Ainsi des précautions sont à prendre dans la gestion sanitaire de la culture comme : ne pas effectuer de traitement préventif mais observer finement les parcelles pour déclencher un traitement que si cela est nécessaire. Dans ce cas, traiter en fin de soirée et avec des produits avec la mention « abeille ». Attention à ne pas traiter le matin, car les abeilles viennent boire les gouttes d’eau déposées sur les feuilles par la rosée matinale.

Les haies jouent un rôle important dans l’apport de ressources aux pollinisateurs. Ainsi, en cas d’implantation, privilégiez les espèces mellifères comme le noisetier, le merisier, l’érable champêtre ou encore le châtaignier. De plus, veillez à réaliser l’entretien de décembre à mars durant le repos végétatif des arbres et arbustes.

Il est important de rappeler que des alternatives efficaces aux produits phytosanitaires ont fait leur preuve depuis plusieurs années. L’utilisation d’une espèce précoce de colza (exemple : colza alicia) sert de leurre aux méligèthes (Meligethes aeneus). Ils viennent préférentiellement sur cette variété pour consommer les boutons floraux, car plus avancée que le colza à destination de la vente.

Le saviez-vous ?
• Jusqu’à 50% du rendement sur le colza est dû à la pollinisation par les abeilles.
• Les méligèthes sont des ravageurs du colza avant la floraison et deviennent des pollinisateurs une fois les fleurs ouvertes.
• Installer des jachères mellifères attire et nourrit les abeilles et autres pollinisateurs, et évite ainsi les périodes de disette en été en attendant la floraison du lierre.
• Les abeilles :
- se déplacent jusqu’à 3 km autour de la ruche ;
- ont une durée de vie d’un mois en été, car elles travaillent 24h/24h ;
- sont spécialisées par tâches : par exemple, les abeilles qui ramènent le pollen à la ruche ne sont pas les mêmes que celles affectées pour récupérer l’eau.