Conférence de Frédéric THOMAS sur l’agriculture de conservation

Frédéric THOMAS, agriculteur spécialisé en techniques de conservation des sols et fondateur de la revue TCS, était sur le Blavet le 17 novembre dernier pour une conférence au Lycée du Gros Chêne à PONTIVY

Le 17 novembre dernier, le Syndicat de la Vallée du Blavet, en partenariat avec le Syndicat du Scorff, proposait une conférence sur l’agriculture de conservation. La Chambre d’Agriculture du Morbihan assurait l’organisation de cet évènement auquel 130 personnes ont participé.

Un intervenant renommé
Frédéric THOMAS est agriculteur en Sologne où il met en place depuis plus de 20 ans des techniques culturales simplifiées. Il se qualifie à ce titre d’agriculteur – expérimentateur. Lors de la conférence, il s’est très largement appuyé sur ses propres expériences, détaillant quelles réflexions et motivations l’avaient conduit à faire évoluer ses pratiques vers des techniques de conservation du sol, puis de semis direct, pour aujourd’hui se réclamer du concept plus global d’agriculture de conservation.

L’agriculture de conservation
Tout d’abord très pratiquée aux Etats-Unis et au Brésil, cette approche de l’agriculture est aujourd’hui relativement développée en France. Elle repose sur trois principes :

  1. Un travail minimal du sol pour éviter les perturbations verticales (pas de labour)
  2. Une couverture maximale des sols tout au long de la campagne culturale, ce qui implique d’avoir un recours systématique aux couverts d’interculture
  3. Une adaptation des rotations rendue nécessaire par les deux premiers points

Retour gagnant pour l’environnement
Les 130 participants ont pu observer les résultats de l‘application de ces principes sur les terres particulièrement difficiles de la ferme de Frédéric THOMAS (forte hydromorphie et faible réserve utile). Et les résultats sont là !
Pour le Syndicat, cette conférence était l’occasion de mettre en avant une approche qui contribue également à la préservation de la ressource en eau : la couverture permanente des sols limite en effet les risques de ruissellement, et donc les transferts de polluants via l’érosion hydrique. Par ailleurs, la présence de couverts et le non travail du sol en profondeur contribuent à améliorer les propriétés physiques du sol ainsi que sa biodiversité, deux éléments qui concourent également à la limitation des transferts de polluants, notamment par une meilleure dynamique de la matière organique du sol.

Et les herbicides dans tout cela ?
Seul bémol pour nos rivières : ce mode d’agriculture était jusqu’à présent associé à une augmentation d’utilisation de certains herbicides (pour limiter le travail du sol). Cet enjeu est très présent à l’esprit de Frédéric THOMAS, qui a d’ores et déjà démontré qu’il était possible de construire des itinéraires en semis direct sous couvert sans avoir recours à d’avantage de produits qu’en itinéraire avec labour. Cela passe notamment par l’implantation de cultures en association.