De Bretagne Eau Pure au Grand Projet 5

Les programmes Bretagne eau pure (BEP) et Prolittoral ont été les précurseurs du Grand projet 5 (GP5) qui les remplace depuis 2007. Le programme BEP portait essentiellement sur l’enjeu eau potable avec une problématique nitrates d’abord à laquelle s’est ajoutée celle des pesticides ensuite. Le programme Prolittoral était déjà focalisé sur la lutte contre les marées vertes et la réduction des flux de nitrates à l’exutoire des bassins versants. Le GP5 a repris l’organisation et les actions des deux programmes en y ajoutant les autres enjeux de la directive cadre sur l’Eau.

Le programme Bretagne eau pure (1994-2006)

Le programme Bretagne eau pure (BEP) était un programme partenarial de reconquête de la qualité de l’eau. Il est né au début des années 1990 de l’inquiétude liée aux dépassements de plus en plus fréquents des limites de qualité sanitaires sur les eaux brutes utilisées pour la production d’eau potable. Il associait déjà l’Union européenne (Feoga 1), l’État (ministère en charge de l’environnement), l’agence de l’Eau Loire-Bretagne, le Conseil régional de Bretagne et les Conseils généraux des Côtes d’Armor, du Finistère, d’Ille-et-Vilaine et du Morbihan. Cette démarche, spécifique à la Bretagne, a consisté à mettre en place des programmes d’actions à caractère contractuel sur les secteurs du réseau hydrographique les plus atteints par une pollution de l’eau.

Trois programmes BEP se sont succédés de 1994 à 2006. Le premier programme (1994-1995) a consisté à réaliser des diagnostics agro-environnementaux sur quelques territoires de démonstration et financer des projets expérimentaux de traitement du lisier. Le second programme (1996-2000) s’est principalement centré sur les pollutions diffuses d’origine agricole et les programmes associés à la directive « nitrates » (PMPOA par exemple). Ce programme a permis d’imposer la notion de bassin versant comme échelle de travail cohérente. Ainsi, les zones d’actions étaient délimitées en amont des prises d’eau et des retenues exploitées pour la production d’eau potable, et concernées par une non-conformité des eaux au titre de la directive « eaux brutes » de 1975. Avec le troisième programme (2000-2006), le zonage s’étend de 19 à 45 bassins versants, soit 40 % du territoire breton. Les bassins versants concernés par une non conformité des eaux destinées à la consommation humaine sur le paramètre nitrates ont été intégrés dans le programme ainsi que les secteurs considérés comme stratégiques pour l’approvisionnement en eau de la Bretagne. Les actions du troisième programme BEP se sont orientées vers du conseil personnalisé et l’engagement individuel des agriculteurs pour l’amélioration des pratiques de fertilisation. Parallèlement, le programme s’est également inquiété de la pollution croissante des eaux de surface par les pesticides avec l’élaboration de chartes phytosanitaires et la mise en œuvre d’actions élargies aux acteurs non-agricoles.

Le programme Prolittoral (2000-2006)

Les premières proliférations massives d’algues vertes (marées vertes) sont apparues à la fin des années 1960 dans les baies de Saint-Brieuc, Lannion, Douarnenez. Depuis, le phénomène s’est accru, pouvant « localement amener de fortes nuisances et à terme dévaloriser l’image de la Bretagne, de son milieu naturel et de ses produits ». Face à cette situation, les collectivités territoriales bretonnes et l’agence de l’Eau Loire-Bretagne ont décidé d’associer et de coordonner leurs moyens dans un programme régional et interdépartemental de lutte contre les marées vertes intitulé « Prolittoral ». Ce dernier a été officialisé par la signature en décembre 2002 d’une charte d’engagement par le Conseil régional, les quatre départements bretons et l’agence de l’Eau Loire-Bretagne. Sa coordination était confiée au Centre d’étude et de valorisation des algues (Ceva) avec le soutien scientifique de l’Ifremer.

Le programme s’est organisé autour de trois volets d’actions :

  • un volet préventif correspondant aux actions de lutte, à la source, contre les fuites de nitrates dans les cours d’eau, et décliné sur sept bassins versants : baie de la Fresnaye, Ic, Lieue de Grève, Douron, Quillimadec, Porzay et Lesnevard ;
  • un volet curatif consacré aux actions de ramassage (assistance des collectivités, mise au point et test d’outils de ramassage) et de gestion des algues récoltées (recherche de voies de valorisation) ;
  • un volet transversal intégrant notamment le suivi environnemental pluriannuel des échouages et des expérimentations appliquées.

Le programme Prolittoral s’est achevé en 2008 mais son contenu a ensuite été intégré au Grand projet 5.

Le Grand projet 5 (2007-2013)

Le Grand projet 5 (GP5) du Contrat de projet État-Région Bretagne 2007-2013 a pris le relais des programmes Bretagne eau pure et Prolittoral, en conservant le même partenariat et une organisation comparable, coordonnée par l’État (Dreal) et l’agence de l’Eau Loire-Bretagne. Il est centré sur l’objectif d’atteinte du bon état des milieux aquatiques, comme le préconise la directive cadre sur l’Eau. Le GP5 a cependant élargi les enjeux environnementaux et les thématiques d’actions sur les bassins versants à d’autres paramètres que les seuls nitrates et les pesticides en ajoutant les enjeux de la directive cadre sur l’eau : phosphore, matière organique, hydromorphologie des cours d’eau, qualité microbiologique des eaux côtières, etc. Ainsi, le nombre de territoires concernés par les programmes de bassins versants GP5 a considérablement augmenté. De plus, dans le cadre du GP5, les limites des bassins versants se sont élargies en prenant désormais en compte l’ensemble du bassin hydrographique (et non plus seulement l’amont des prises d’eau et retenues exploitées pour la production d’eau potable). Ceci a eu pour effet sur les bassins côtiers par exemple de prolonger les anciens périmètres jusqu’à la frange littorale.