Des mauvaises herbes à l’origine de précieuses informations...

Mercredi 29 mars, à Kergrist, le Syndicat de la Vallée du Blavet, en partenariat avec le CIVAM-AD56, proposait une journée de formation sur les adventices et la bio-indication.

Une dizaine de participants se sont retrouvés à l’EARL Le Clézio autour de Jean-Pierre SCHERER, formateur de la Maison familiale et rurale de Chauvigny. La matinée a été consacrée à des rappels sur la biologie des adventices, et à la présentation des principes de la bio-indication. L’après-midi a permis de tester la mise en pratique de la méthode sur deux parcelles de l’exploitation.

Bio-indication, de quoi parle-t-on ?

« “Adventices” ou “mauvaises herbes” sont deux termes assez mal adaptés aux “herbes folles” qu’on retrouve dans les parcelles ! », précise Jean-Pierre SCHERER. On s’intéresse ici aux plantes autochtones non cultivées qui poussent spontanément. Elles sont issues du stock semencier présent dans les sols cultivés. Et ce stock est énorme : on considère que le nombre de graines viables (= aptes à la germination) dans un mètre carré de sol est compris entre 5 000 et 20 000 ! Heureusement pour l’agriculteur, la majorité de ces graines sont en dormance. Si quelques herbes folles apparaissent parfois dans les champs, c’est justement parce que cette dormance a été levée.

C’est sur cette notion très simple que s’appuie la bio-indication : les plantes qui apparaissent dans les parcelles spontanément témoignent de conditions particulières qui ont permis la levée de leur dormance. Les facteurs de la levée de dormance sont multiples et chaque graine a les siennes :

  • Le climat (lumière, température)
  • La géologie (acidité, alcalinité, capacité de fixation...)
  • L’état chimique du sol (richesse en bases, azote sous ses différentes formes, disponibilité des éléments nutritifs...)
  • L’hydrologie (circulation de l’eau, contrastes hydriques)
  • L’état structural (compaction...)
  • L’état organique et microbien du sol (quantité de matière organique, mais aussi sa dynamique)

La méthode du diagnostic de fertilité par les plantes bio-indicatrices

La méthode de diagnotic consiste à identifier les plantes présentes sur une parcelle ainsi que leur densité relative. Pour chacune d’elle, on recherche ensuite les conditions qui ont permis la levée de dormance, puis on en déduit des informations sur le fonctionnement du sol, la dynamique de la matière organique, et au final sur la fertilité de la parcelle. L’idée étant de mettre en place ensuite des mesures correctives si le besoin est identifié.

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A la recherche des « mauvaises herbes »

Une recherche d’autonomie

L’un des intérêts de cette méthode de diagnostic est une prise en mains rapide, et la possibilité de la mettre en œuvre en autonomie. Un peu d’entrainement est nécessaire pour la reconnaissance des plantes, le reste est guidé par des documents libres de droit !

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Bilan des espèces rencontrées pour établir le diagnostic

Des économies

« J’ai un problème sur ma parcelle, qu’est-ce que je dois apporter pour corriger cela ? » Jean-Pierre SCHERER constate qu’on a longtemps cherché à corriger les problèmes de fertilité des sols par des apports d’intrants. Ce n’est plus systématique aujourd’hui, et le diagnostic de fertilité par les plantes bio-indicatrices peut contribuer à identifier d’autres types d’ajustements de pratiques, comme par exemple l’adaptation du travail du sol, ou bien du chargement. Au-delà de l’autonomie gagnée sur le conseil, ce diagnostic ouvre donc des perspectives d’économies d’intrants.