Ferme ouverte : Autonomie alimentaire face aux aléas climatiques

Le changement climatique se fait déjà ressentir en Bretagne, les épisodes de sécheresse ne sont plus aussi anecdotiques qu’avant. Les éleveurs vont devoir s’adapter dès maintenant.

Comment préparer la résilience des systèmes fourragers ?

Dans ce contexte, une ferme ouverte était proposée sur le bassin versant du Blavet Morbihannais le mardi 15 octobre dernier à l’EARL Guerlogoden (KERGRIST). Cet évènement était organisé en partenariat avec le CIVAM Agriculture Durable 56, la Chambre Régionale d’Agriculture de Bretagne, le BCEL Ouest et le Syndicat de la vallée du Blavet. Il s’adressait aux professionnels et aux scolaires de l’enseignement agricole. Une soixantaine d’élèves étaient présents ainsi qu’une trentaine d’agriculteurs.

La porte ouverte avait pour objectif de présenter les différents leviers de résilience que les exploitations, élevant des herbivores, peuvent mobiliser afin de s’adapter dès maintenant au changement climatique. Différents ateliers, basés sur des résultats d’études locales et le retour d’expérience d’éleveurs, permettaient de répondre aux questions ci-dessous.

Comment améliorer son autonomie alimentaire ?

Le projet pour une Agriculture Ecologiquement Performante « Sécuriser les systèmes herbagers économes en intrants face aux aléas climatiques » du CIVAM AD 56 était exposé dans cet atelier. Cette étude a permis de recueillir les leviers mis en place par les agriculteurs du réseau pour s’adapter aux sécheresses récurrentes. L’ensemble de ces leviers était présenté et un focus était réalisé sur les avantages des prairies multi-espèces : meilleure résistance aux aléas climatiques (sécheresse, excès d’eau ponctuels…), au piétinement des animaux, meilleure longévité, production plus régulière sur l’année et d’une année sur l’autre car il y a toujours certaines plantes du mélange qui sont adaptées au contexte climatique de la saison / de l’année.

Comment faire quand l’accessibilité est limitée ?

Les élevages bovins peuvent mettre en place différentes stratégies concernant l’aménagement parcellaire. L’objectif de cet atelier était de présenter l’ensemble des choix possibles concernant les chemins, les clôtures et les réseaux d’abreuvement, accompagné des coûts associés. De plus, le cas particulier des exploitations au parcellaire morcelé était abordé ainsi que les solutions envisagées pour y palier.

Comment augmenter l’autonomie protéique sur sa ferme ?

Pour faire du lait et de la viande, les vaches doivent avoir une alimentation riche en protéines. Les éleveurs ont pour cela plusieurs solutions possibles : le pâturage, la récolte et le stockage d’herbe, la production de cultures riches en protéines (légumineuses : féverole ou pois par exemple)… Cet atelier a permis d’exposer les différents choix à dispositions des éleveurs ainsi que les impacts économiques associés.

Qu’est-ce qu’une zones humides et comment la valoriser dans son exploitation ?

L’intérêt écologique des zones humides était présenté dans cet atelier ainsi que l’environnement dans lequel elles se trouvent : le bassin versant.

Ces milieux particuliers sont maintenus par les activités agricoles, sans elles, les zones humides n’existeraient plus (fermeture du milieu). Cependant les pratiques doivent y être adaptées. Cet atelier a permis de les rappeler : limiter le piétinement des bêtes, alterner entre la fauche et le pâturage… De plus, les avantages (production de fourrage en période sèche) et inconvénients pour valoriser ces milieux dans les élevages bovins étaient présentés.