Maraîchage biologique : partage d’expérience réussi à Plouhinec !

La culture maraîchère en agriculture biologique requiert un savoir-faire spécifique. Philippe Larboulette, installé depuis 20 ans à Plouhinec, cultive une vingtaine de cultures différentes. Autant dire qu’il sait de quoi il parle !
Mardi 13 juin dernier, à l’initiative du Groupement des Agriculteurs Biologiques du Morbihan (GAB56), il a ouvert son exploitation à une cinquantaine de personnes venues bénéficier de son expérience.

La porte ouverte organisée le 13 juin par le GAB56 abordait spécifiquement la culture de la carotte, très exigeante en AB. Mais plus généralement, les échanges ont permis aux participants de repartir avec de nombreux conseils pratiques.

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13 juin 2017 - Nombreux participants à la porte ouverte maraîchage biologique - Plouhinec

Une cinquantaine de participants, des échanges et des démonstrations

Agriculteurs déjà installés en maraîchage biologique ou conventionnel, professionnels en reconversion, étudiants en formation, ils étaient une cinquantaine de participants venus échanger sur les méthodes de l’EARL des Bleuets. La porte ouverte était centrée sur le retour d’expérience de Philippe Larboulette : son organisation, son matériel, ses pratiques culturales.
Les participants ont également pu découvrir les résultats d’un projet mené sur la station expérimentale horticole de Bretagne Sud (SEHBS) à Kerplouz (Auray) et faisant intervenir un robot désherbeur de la société Naïo Techologies. Maet Le Lan, responsable de la station, a présenté les résultats obtenus depuis 2015 et qui laissent entrevoir des perspectives d’économie de temps de désherbage, un poste très important en maraîchage biologique.

Revenir aux fondamentaux de l’agronomie, et avoir un matériel adapté : les clés de la réussite en maraîchage bio !

Gérer les risques liés aux adventices, aux maladies et aux ravageurs sans produits chimiques de synthèse : ce principe, vertueux sur le plan environnemental, n’est pas sans poser quelques difficultés sur le plan technique.
Après son installation en 1998, Philippe Larboulette (EARL des Bleuets) est rapidement passé en agriculture biologique (en 2000). Sur 12 ha de terres et 3000 m² de serres, il cultive une vingtaine de cultures légumières vendues essentiellement en magasins spécialisés et sur les marchés locaux. Cette surface, relativement grande par rapport à la moyenne des exploitations maraîchères, lui permet de mettre en place des rotations longues. Ainsi, chaque année, quelques hectares ne sont pas cultivés afin de permettre au sol de « se reposer » et de casser le cycle de certains ravageurs (par exemple le taupin). Les rotations longues permettent aussi un temps de retour d’une même culture suffisamment important pour diminuer le risque de développement de certaines maladies : le choux ne revient que tous les 6-7 ans, la pomme de terre tous les 5-6 ans.

Autre pratique, l’utilisation de couverts végétaux entre deux cultures est un moyen de lutter naturellement contre le développement de certaines adventices (« mauvaises herbes ») tout en apportant des éléments nutritifs au sol (fonction d’engrais vert). Mais là aussi, l’observation est importante pour adapter le couvert aux cultures : la phacélie possède de nombreuses qualités en tant que couvert végétal, mais ne permet pas de couper le cycle du champignon sclerotinia qui affecte la carotte. Des mélanges graminées – légumineuses (seigle + vesce) lui ont donc été préférés avant cette culture.

Côté fertilisation, aucun engrais n’est apporté sur les parcelles de carottes avant de confirmer une bonne levée de la culture. En effet la culture étant fragile, il arrive que des perturbations viennent gêner sa levée, au risque de devoir re-semer des planches entières. L’engrais est apporté si besoin en cours de culture. Une bonne manière de faire des économies…et d’éviter les fuites !

Pour finir, on peut noter l’importance du matériel. « Pour la carotte, le plus important c’est le semoir ! ». L’exploitation est équipée d’un semoir pneumatique avec roue de tassement. D’une part la précision de ce type de semoir permet de maîtriser l’écartement et d’éviter l’éclaircissage : on fait ainsi des économies sur l’achat des semences et le temps de travail. D’autre part, les roues de tassement permettent d’assurer un bon contact sol-graine et de faire remonter l’humidité par capillarité, deux conditions d’une bonne levée.

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13 juin 2017 - Présentation du robot désherbeur

Pour aller plus loin

Vous retrouverez un article complet sur le témoignage de Philippe Larboulette sur la culture de carotte dans le numéro de juillet du magasine SymBIOse. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à contacter Maëla Peden, technicienne maraîchage au GAB56.
Contact GAB56 : Maëla Peden – Groupement des Agriculteurs Biologiques du Morbihan- ZA de Keravel 56390 Locqueltas – 02 97 66 39 99