Tester des pratiques innovantes en toute sécurité

Depuis 2008, le Conseil Général et le syndicat de la vallée du Blavet s’engagent auprès des agriculteurs pour le test de pratiques innovantes dans le cadre de « contrats d’engagements ». Ceci correspond à une contractualisation entre le syndicat de la vallée du Blavet et l’agriculteur sur des tests de techniques permettant de limiter les fuites d’azotes ou de diminuer les doses phytos en échange d’une compensation financière. Ils sont réservés en priorité aux agriculteurs situés sur le bassin versant de l’Ével.

Suite à des démonstrations de matériels ou à des visites chez d’autres agriculteurs, les exploitants peuvent souhaiter développer de nouvelles techniques mais peuvent être freinés par le manque d’accompagnement, de recul ou la peur de l’échec. C’est le fondement de l’action « contrats d’engagements ».
Ces aides doivent permettre de tester des pratiques économes en intrants (sur maximum 5 ha) ainsi que des pratiques visant à restreindre les risques de pollutions diffuses en indemnisant l’agriculteur pour l’éventuel manque à gagner lié à l’essai de ces techniques.

Ces contrats ont donc pour objectif :
- dans un premier temps, de lever ou minimiser les risques techniques et économiques liés à l’adoption d’une nouvelle pratique,
- dans un second temps, par un accompagnement régulier et un retour sur les avantages et inconvénients de chaque technique, l’acquisition de manière pérenne et autonome de ces techniques par les agriculteurs.

Pour l’année 2014, 8 techniques sont proposées aux agriculteurs

- Désherbage mécanique du maïs : initiée en 2011, cette action porte ses fruits car de plus en plus d’agriculteurs se lancent et des Cuma ont investi dans du matériel permettant de désherber mécaniquement aussi bien le maïs que les céréales ou le colza. Ces outils, houe rotative, herse étrille et bineuse, utilisés en premier par les agriculteurs biologiques permettent de réduire sensiblement les doses de traitement herbicide. Un accompagnement technique est apporté afin d’appuyer l’agriculteur dans les dates de passage des outils.

- Désherbage mécanique du colza : nouvelle action pour 2014, elle doit permettre de développer le désherbage mécanique sur le colza et notamment le passage de bineuse. Là encore, l’objectif est la diminution des traitements herbicides.

- Cultures associées : dans ce programme, nous retrouvons les traditonnels mélanges céréaliers qui peuvent répondre à plusieurs problématiques : amélioration de l’autonomie, simplification du travail, baisse du coût alimentaire, valorisation de terres par forcément favorables aux céréales, sécurisation des stocks de fourrrage... mais aussi l’implantation de cultures associées au colza... Étant donné leur rusticité et l’importante couverture végétal qu’ils offrent, ils permettent de lutter contre l’érosion et de diminuer les traitements phytosanitaires.

- CIPAN intercultures courtes : on retrouve sous cet item l’implantation de cultures intermédiaires pièges à nitrate après légumes notamment. En effet, ces derniers (pois et haricots) produisent de l’azote qui risque d’être lessivé entre leur récolte et l’implantation en fin d’année des céréales. L’objectif est donc de semer des couverts capables d’utiliser cet azote et de le restituer à la culture suivante et ainsi diminuer les risques de lessivage. On pourra noter leur impact favorable sur la structure du sol.

- Semis du maïs en réparti : la culture de maïs, semé traditionnellement en rang, peut engendrer des phénomènes d’érosion importants en cas de fortes précipitations. Depuis quelques années, des éleveurs s’essayent avec succès à la technique du semis en réparti qui consiste en un semis « aléatoire » du maïs. Ainsi, il n’y a pas de rang et donc pas de chemins préférentiels pour l’eau ce qui limite très fortement l’érosion.

- Semis sous couverts : cette technique consiste généralement à semer une prairie (trèfle ou ray gass) ou des couverts dans une autre culture (maïs,blé, luzerne, colza) afin que le sol soit d’ores et déjà couvert à la récolte, que cela fasse concurrence aux adventices lors de la croissance de la culture principale et qu’éventuellement l’agriculteur puisse disposer d’une source de fourrage supplémentaire après la moisson. Cette technique limite l’érosion et l’utilisation de pesticides.

- Régénération Naturelle Assistée : tester à titre expérimental pour 2014, cette technique vise à la création de bocage en laissant faire la nature et en acceptant la venue de végétation naturelle spontanée (ronce, prunellier, genêts…) sur les talus et bords de champs. En choisissant d’arrêter d’agir sur un ancien talus ou en bordure de parcelle, une végétation spontanée va se mettre en place.
En quelques années, les arbustes auront pris le dessus : c’est ce qu’on appelle le processus de recrutement qui permettra de sélectionner les pousses et créer un bocage à faible coût.

Chaque année, un point sur l’ensemble de ces actions est réalisé avec les agriculteurs et les résultats sont communiqués à l’ensemble des exploitations du territoire. Des démonstrations et des plateformes peuvent être montées en corrélation avec les techniques testées dans les contrats d’engagement.